La taxe d’habitation reste due en 2026 sur les résidences secondaires, malgré sa suppression pour les logements principaux. Certaines communes appliquent une majoration pouvant atteindre 60 %, mais plusieurs situations permettent d’y échapper.
Les premiers avis de taxe d’habitation 2026 sont disponibles depuis le 2 novembre pour les contribuables non mensualisés. Cet impôt, supprimé sur les résidences principales depuis le 1er janvier 2023, continue de concerner les logements meublés utilisés comme résidences secondaires. Et dans certaines communes confrontées à des tensions immobilières, la facture peut être alourdie par une majoration de 5 % à 60 %, un dispositif qui existe depuis 2017.
Une résidence secondaire reste imposable, même rarement occupée
La taxe d’habitation concerne les personnes qui disposent d’un logement meublé ne constituant pas leur résidence principale. Le redevable peut être propriétaire, usufruitier, locataire ou occupant à titre gratuit. Ce n’est donc pas la seule propriété du bien qui déclenche l’imposition, mais sa disposition ou sa jouissance à titre privatif.
La Direction générale des Finances publiques (DGFiP) retient la situation au 1er janvier 2026. Une personne qui dispose d’une résidence secondaire à cette date doit acquitter la taxe pour l’année entière, même si elle n’y séjourne que quelques semaines. Aucun calcul au prorata de la durée d’occupation n’est prévu.
Un logement meublé proposé à la location peut également rester imposable au nom du propriétaire lorsqu’il s’en réserve la jouissance personnelle. En revanche, un bien exclusivement destiné à la location, sans possibilité d’utilisation privative, relève d’une situation différente. La qualification dépend des conditions réelles de mise à disposition du logement.
La majoration de 60 % ne concerne pas toutes les communes
Le montant de la taxe d’habitation repose sur la valeur locative cadastrale du logement et de ses dépendances, à laquelle sont appliqués les taux votés par les collectivités locales. Les résidences secondaires ne bénéficient pas des abattements autrefois applicables aux résidences principales.
Dans les communes autorisées par la réglementation et ayant adopté une délibération en ce sens, une majoration comprise entre 5 % et 60 % peut s’ajouter à la cotisation communale. Elle concerne notamment les territoires où le marché immobilier présente un déséquilibre important entre l’offre et la demande de logements.
La distinction est essentielle: une majoration de 60 % ne signifie pas que le montant total de l’avis augmente automatiquement de 60 %. Elle porte sur la part communale de la taxe d’habitation, et non sur toutes les composantes de l’imposition. Le taux effectivement appliqué peut aussi être limité par les plafonds légaux.
Ce mécanisme n’est pas une nouvelle mesure fiscale de 2026. La possibilité d’une majoration allant jusqu’à 60 % existe depuis 2017. Son application dépend de la commune et des décisions prises par son conseil municipal.

Trois situations permettent d’échapper à la majoration
La DGFiP prévoit trois cas dans lesquels un contribuable peut demander à être exonéré de la majoration, même lorsque sa résidence secondaire se situe dans une commune qui l’applique.
- Une obligation professionnelle impose de résider dans un logement différent de son habitation principale.
- Le contribuable conserve la jouissance de son ancienne résidence principale après son hébergement durable dans certains établissements de soins.
- Une circonstance indépendante de sa volonté empêche d’affecter le logement à l’habitation principale, notamment lorsqu’un bien proposé à la vente ou à la location au prix du marché ne trouve pas preneur.
Ces situations n’entraînent pas automatiquement l’exonération de la taxe d’habitation elle-même. Elles permettent de demander la suppression de la majoration, sur présentation des justificatifs nécessaires au service des impôts des particuliers compétent.
La DGFiP détaille les conditions de calcul et les exceptions applicables à cette majoration. Le contribuable doit notamment démontrer que sa situation correspond à l’un des cas prévus.
Les avis de novembre 2026 précisent le montant à payer
Le calendrier officiel distingue les contribuables mensualisés des autres redevables. Les avis électroniques sont disponibles depuis le 2 novembre 2026 pour les personnes non mensualisées et à partir du 16 novembre pour celles qui le sont. Les avis papier sont envoyés entre le 5 et le 16 novembre pour les premiers, puis entre le 19 et le 26 novembre pour les seconds.
Pour les avis relevant du calendrier général, la date limite de paiement est fixée au 15 décembre 2026 pour les règlements non dématérialisés. Les contribuables qui paient directement en ligne disposent jusqu’au 20 décembre, tandis que le prélèvement automatique à l’échéance intervient le 28 décembre. Les avis établis ultérieurement peuvent comporter une autre échéance, indiquée sur le document.
Une erreur sur l’avis peut être contestée
Un propriétaire ayant vendu son logement avant le 1er janvier 2026, ou dont le bien était devenu sa résidence principale à cette date, peut recevoir un avis injustifié. La DGFiP prévoit une procédure de réclamation accessible depuis la messagerie sécurisée de l’espace Finances publiques, en sélectionnant « Écrire », puis « Réclamation/Contestation » et « Taxe d’habitation ».
La demande doit expliquer la situation et être accompagnée de justificatifs, comme un acte de vente ou des documents attestant du changement de résidence. Il est également utile de vérifier les informations enregistrées dans la rubrique « Biens immobiliers », puisque les avis sont établis à partir des déclarations d’occupation.
La procédure officielle de réclamation précise qu’une contestation ne suspend pas automatiquement le paiement. Le contribuable peut toutefois demander un sursis de paiement en même temps que sa réclamation. Si celle-ci est rejetée et que l’impôt n’a pas été réglé à temps, une majoration de retard de 10 % peut être appliquée.
À retenir
- La taxe d’habitation reste applicable aux résidences secondaires meublées, malgré sa suppression pour les résidences principales depuis 2023.
- Certaines communes appliquent une majoration de 5 % à 60 % sur la part communale de l’impôt.
- La situation du logement au 1er janvier 2026 détermine l’imposition pour l’année entière.
- Trois situations particulières permettent de demander une exonération de la majoration, sous réserve de justificatifs.
- Le paiement est fixé au 15 décembre 2026, ou au 20 décembre pour un règlement directement en ligne.
Questions fréquentes
- Faut-il payer la taxe d’habitation si la résidence secondaire est occupée seulement quelques semaines?
- Oui. La durée réelle des séjours ne réduit pas l’impôt si le contribuable disposait du logement au 1er janvier 2026.
- La majoration de 60 % s’applique-t-elle sur toute la taxe d’habitation?
- Non. Elle concerne uniquement la cotisation communale, et son application dépend d’une décision de la commune.
- Un logement meublé proposé à la location est-il soumis à la taxe d’habitation?
- Le propriétaire peut rester imposable s’il conserve la possibilité d’utiliser personnellement le logement. Un bien exclusivement réservé à la location relève de règles différentes.
- Quand les contribuables mensualisés reçoivent-ils leur avis de taxe d’habitation 2026?
- Les avis électroniques sont accessibles à partir du 16 novembre 2026. Les avis papier sont expédiés entre le 19 et le 26 novembre 2026.
- Comment contester une taxe d’habitation réclamée après la vente d’un logement?
- Le contribuable peut déposer une réclamation depuis la messagerie sécurisée de son espace Finances publiques. Il doit expliquer sa situation et fournir un justificatif, comme un acte de vente.
