Dans 688 communes, la taxe d’habitation des résidences secondaires subit une majoration de 60 % en 2026. Cette hausse ne touche pas toute la facture et trois situations prévues par la loi permettent d’en demander le dégrèvement.
Les avis de taxe d’habitation 2026 sont disponibles en ligne depuis le 2 novembre pour les contribuables non mensualisés. D’après les données de la DGFiP rapportées par SeLoger le 4 novembre, 1 666 communes appliquent une majoration sur les résidences secondaires, contre 1 629 en 2025. Parmi elles, 688 ont voté le taux maximal de 60 %. Cette surtaxe, autorisée depuis plusieurs années, dépend du lieu où se trouve le logement et de la situation de son occupant.
Une majoration maximale à Paris, Lyon et Bordeaux
Depuis 2017, les communes éligibles situées en zone tendue peuvent majorer de 5 % à 60 % leur part de taxe d’habitation sur les résidences secondaires. Cette décision relève du conseil municipal. En 2026, 3 689 communes peuvent utiliser ce dispositif, mais seules 1 666 l’appliquent.
Paris, Lyon, Marseille, Bordeaux, Nantes, Rennes, Annecy et Biarritz figurent parmi les communes ayant retenu le plafond de 60 %. À l’inverse, Cannes, Lille, Megève et Courchevel n’appliquent aucune majoration. Toulouse et Deauville ont choisi un taux de 20 %. Le taux dépend donc de la commune, et non de la seule valeur du logement.
Une surtaxe de 60 % qui ne porte pas sur toute la facture
La majoration concerne uniquement la cotisation communale, et non la part intercommunale de la taxe d’habitation. Ainsi, pour une cotisation communale de 900 € avant majoration, un taux de 60 % représente un supplément théorique de 540 €. Il ne faut donc pas confondre ce taux avec une augmentation de 60 % de l’impôt total.
La DGFiP précise que la taxe d’habitation des résidences secondaires est calculée à partir de la valeur locative cadastrale et des taux votés par les collectivités. La majoration peut aussi être limitée par les règles légales de plafonnement des taux. Pour vérifier son montant, le contribuable doit examiner la ligne correspondante sur son avis et la comparer au taux applicable dans sa commune.

Les trois exceptions prévues par la loi
L’article 1407 ter du Code général des impôts permet de demander le dégrèvement de la majoration dans trois situations précises. Ces exceptions ne constituent pas une suppression de la taxe d’habitation elle-même. La DGFiP détaille les conditions applicables:
- Contrainte professionnelle: le contribuable doit résider dans un lieu différent de son habitation principale en raison de son activité professionnelle.
- Hébergement durable en établissement de soins: le contribuable conserve la jouissance exclusive du logement qui constituait sa résidence principale avant son entrée dans un établissement visé par l’article 1414 B du Code général des impôts.
- Impossibilité indépendante de sa volonté: le logement ne peut être affecté à une résidence principale, notamment parce qu’il est proposé à la vente ou à la location au prix du marché sans trouver preneur, ou parce que des contraintes d’urbanisme empêchent son occupation habituelle.
Ces dégrèvements ne sont pas automatiques. Une résidence secondaire utilisée pour les vacances ne remplit pas, à elle seule, les conditions d’exonération de la majoration. De même, la simple intention de vendre un bien ne suffit pas: le contribuable doit pouvoir justifier les circonstances invoquées.
Une réclamation possible jusqu’au 31 décembre 2027
Pour contester la majoration figurant sur un avis de 2026, la réclamation doit être déposée au plus tard le 31 décembre 2027. Elle doit être adressée au service des impôts des particuliers dont dépend le logement, avec les justificatifs correspondant à la situation invoquée: documents professionnels, justificatifs d’hébergement ou preuves des démarches de vente ou de location, selon le cas.
La demande peut être effectuée dans la messagerie sécurisée de l’espace Finances publiques, en sélectionnant « Écrire », puis « Réclamation/Contestation » et la taxe concernée. La DGFiP explique également les modalités de réclamation pour les impôts locaux. Un courrier peut être envoyé au service compétent dont les coordonnées figurent sur l’avis.
Le dépôt d’une réclamation ne suspend pas automatiquement le paiement. Le contribuable peut toutefois demander un sursis de paiement pour le montant contesté, en même temps que sa réclamation. Si celle-ci est rejetée, une majoration de 10 % peut s’appliquer en cas de retard de paiement. Pour les sommes contestées supérieures à 4 500 €, des garanties peuvent être exigées dans le cadre du sursis.
À retenir
- En 2026, 1 666 communes majorent la taxe d’habitation des résidences secondaires, dont 688 au taux maximal de 60 %.
- La surtaxe s’applique uniquement à la cotisation communale, sans augmenter de 60 % la facture totale.
- Trois situations permettent de demander un dégrèvement: contrainte professionnelle, hébergement durable en établissement de soins ou impossibilité d’occupation indépendante de sa volonté.
- Les contribuables ont jusqu’au 31 décembre 2027 pour contester la majoration appliquée à leur avis de 2026.
- Une réclamation ne suspend pas automatiquement le paiement, mais un sursis peut être demandé pour la somme contestée.
Questions fréquentes
- Comment vérifier le montant de la surtaxe sur son avis de taxe d’habitation?
- Il faut repérer la majoration sur l’avis et vérifier le taux voté par la commune. Le calcul porte sur la cotisation communale et peut être soumis à un plafonnement légal.
- Un logement mis en vente peut-il bénéficier d’un dégrèvement?
- Oui, si le propriétaire démontre que le bien est proposé au prix du marché sans trouver d’acquéreur. Le simple projet de vendre ne permet pas d’obtenir cette réduction.
- Quels justificatifs fournir pour demander un dégrèvement?
- Les pièces dépendent du motif invoqué: documents liés à l’activité professionnelle, preuves d’hébergement en établissement ou démarches attestant une vente ou une location infructueuse.
- Comment déposer une réclamation auprès des impôts?
- La demande peut être transmise depuis la messagerie sécurisée de l’espace Finances publiques, dans la rubrique « Réclamation/Contestation ». Un courrier au service des impôts indiqué sur l’avis est également possible.
- Quels risques en cas de non-paiement pendant une contestation?
- Sans suspension accordée, un retard peut entraîner une pénalité de 10 % si la réclamation est rejetée. Pour un sursis portant sur plus de 4 500 €, l’administration peut réclamer des garanties.
