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Épargne & Banque

Livret A : jusqu’à 30 000 € de plafond en 2027, mais pourquoi certains épargnants ne pourront pas ajouter les 7 050 € annoncés

Livret A posé sur une table à côté de plusieurs billets en euros et de pièces de monnaie disposées devant lui
Livret A à 30 000 euros en 2027 : pourquoi les 7 050 euros de versements supplémentaires ne seront pas pour tous

Le gouvernement prévoit de relever le plafond du Livret A en février 2027. Jusqu’à 7 050 euros de dépôts supplémentaires seraient possibles, mais les intérêts déjà accumulés pourraient réduire cette marge.

Le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé, le 3 novembre 2026, une hausse du plafond du Livret A, fixé à 22 950 euros depuis 2013. Le gouvernement envisage de le porter entre 25 000 et 30 000 euros, après concertation avec la Caisse des dépôts. Le montant définitif doit être arrêté par le ministre de l’Économie, Roland Lescure. Pour les épargnants, l’enjeu dépasse pourtant le chiffre affiché: le solde actuel de leur livret déterminera combien ils pourront réellement y ajouter.

Un livret déjà rempli ne donnera pas toujours droit à 7 050 euros de dépôts

Le plafond du Livret A limite les versements, pas le montant total que peut atteindre le compte. Chaque année, les intérêts sont ajoutés au capital et peuvent faire dépasser la limite réglementaire sans entraîner la fermeture du livret. Cette distinction, rappelée par Service-Public.fr dans sa fiche sur le Livret A, devient déterminante avec le relèvement annoncé.

Prenons un titulaire dont le livret affiche 24 000 euros, grâce aux intérêts accumulés au fil des années. Si le plafond passe à 30 000 euros, il pourrait déposer 6 000 euros supplémentaires, et non 7 050 euros, en supposant que les règles actuelles restent applicables. Un titulaire disposant exactement de 22 950 euros pourrait, dans cette même hypothèse, ajouter 7 050 euros.

PEA et PEA-PME : certains titres détenus avant février 2025 peuvent désormais entraîner la clôture du plan

Avec un plafond finalement fixé à 25 000 euros, la capacité supplémentaire maximale par rapport à l’ancien plafond serait de 2 050 euros. La hausse représenterait alors 8,9 %, contre 30,7 % dans le scénario à 30 000 euros. Ces montants correspondent aux deux bornes de la réforme annoncée, et non à des sommes que tous les détenteurs pourraient nécessairement verser.

https://x.com/SebLecornu/status/2117634264472658313

Les livrets les mieux dotés concentrent déjà la moitié de l’épargne

Les premiers bénéficiaires potentiels sont les titulaires disposant à la fois d’un livret proche du plafond et de liquidités supplémentaires à placer. Le rapport 2025 de la Banque de France montre à quel point les encours sont concentrés: 15 % des Livrets A dépassaient 22 950 euros à la fin de 2025 et représentaient 50 % des sommes déposées sur ce produit par les particuliers. Cette proportion d’encours était de 47 % en 2024.

Le contraste est marqué avec le solde moyen, établi à 7 554 euros en 2025. Un épargnant détenant cette somme dispose encore de 15 396 euros de marge sous le plafond actuel. Pour lui, l’augmentation annoncée ne modifie donc pas immédiatement sa capacité à effectuer de nouveaux dépôts.

La Banque de France relève également des comportements différents selon le niveau d’épargne. Les livrets faiblement dotés connaissent davantage de retraits, tandis que les mieux garnis continuent d’enregistrer une collecte nette positive. Le relèvement répond ainsi principalement à la situation de détenteurs qui disposent déjà d’une réserve financière importante. Les autres ne subissent pas de perte directe du seul fait de cette mesure.

Épargne bancaire représentée par une calculatrice posée à côté de billets en euros et de pièces de monnaie

Le gain en intérêts dépendra aussi du taux appliqué en 2027

Un plafond plus élevé permet de déposer davantage, mais n’augmente pas à lui seul la rémunération du capital. Depuis le 1er août 2026, le Livret A rapporte 1,7 % par an. Le gouvernement a annoncé une révision de ce taux à la hausse en février 2027, parallèlement au relèvement du plafond.

À titre de simulation, si le taux restait à 1,7 % pendant douze mois complets, un dépôt supplémentaire de 2 050 euros produirait 34,85 euros d’intérêts. Avec 7 050 euros supplémentaires, le gain atteindrait 119,85 euros sur un an. Il s’agit de calculs théoriques à taux constant, et non d’une prévision des intérêts effectivement perçus en 2027.

Le calendrier des versements compte également. Les intérêts du Livret A sont calculés par quinzaine et capitalisés au 31 décembre. Un dépôt réalisé en février ne bénéficie donc pas d’une année complète de rémunération. Les intérêts restent exonérés d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux.

Pour les ménages remplissant les conditions de ressources, le livret d’épargne populaire (LEP) offre un autre point de comparaison. Au 1er août 2026, son taux est de 2,5 %, contre 1,7 % pour le Livret A, avec un plafond de versements de 10 000 euros. La Banque de France rappelle dans son rapport annuel que ce produit vise précisément à préserver l’épargne des ménages modestes.

Le financement public dépendra des sommes réellement collectées

Le gouvernement souhaite également utiliser le relèvement du plafond pour financer davantage d’infrastructures publiques. Dans son communiqué du 3 novembre 2026, il cite la production et les réseaux d’électricité, la rénovation des réseaux d’eau ainsi que les travaux dans les lycées et collèges. Ces projets viendraient compléter le financement historique du logement social.

Le fonctionnement du Livret A explique toutefois pourquoi une hausse des dépôts ne se transforme pas automatiquement en prêts supplémentaires. Selon la Banque de France, 59,5 % des ressources du Livret A et du LDDS sont centralisées à la Caisse des dépôts, tandis que le reste demeure dans les établissements bancaires. Ces derniers participent également au financement de l’économie avec les ressources conservées.

Le Fonds d’épargne de la Caisse des dépôts disposait déjà de 243 milliards d’euros d’encours de prêts en 2025 et avait accordé 41,7 milliards d’euros de nouveaux prêts, d’après la Banque de France. Le relèvement du plafond pourrait accroître les ressources disponibles, mais son effet dépendra des versements effectivement réalisés et des besoins de financement. Un transfert depuis d’autres placements ne représente pas nécessairement une augmentation de l’épargne totale des ménages.

Cette évolution soulève aussi une question fiscale. Les intérêts supplémentaires versés sur le Livret A resteront exonérés d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux. Le coût fiscal éventuel pour les finances publiques dépendra notamment de l’origine des sommes transférées: déplacer une épargne déjà exonérée n’a pas les mêmes conséquences que transférer des fonds auparavant placés sur un support imposable.

À retenir

  • Le gouvernement envisage de relever le plafond du Livret A entre 25 000 et 30 000 euros en février 2027.
  • Les intérêts déjà capitalisés réduiront la capacité de versement supplémentaire des livrets dont le solde dépasse 22 950 euros.
  • Fin 2025, 15 % des Livrets A dépassaient le plafond réglementaire et concentraient 50 % des encours des particuliers.
  • Le taux du Livret A, fixé à 1,7 % depuis le 1er août 2026, doit être révisé en février 2027.
  • Les dépôts supplémentaires pourraient contribuer au financement des infrastructures publiques, sans garantir une augmentation équivalente des prêts.

Questions fréquentes

Combien pourra verser un épargnant dont le Livret A affiche déjà 24 000 euros?
Si le nouveau plafond atteint 30 000 euros, il pourra ajouter 6 000 euros, sous réserve du maintien des règles actuelles. Les intérêts accumulés sont inclus dans le solde utilisé pour calculer cette marge.
Que changera la réforme pour un Livret A contenant 7 554 euros?
Ce solde correspond à la moyenne observée en 2025. Son titulaire peut encore déposer 15 396 euros avec le plafond actuel, ce qui rend le relèvement sans effet immédiat sur ses possibilités de versement.
Combien rapporteraient 7 050 euros supplémentaires placés pendant un an?
Avec un taux hypothétique constant de 1,7 % sur douze mois complets, les intérêts atteindraient 119,85 euros. Ce montant ne constitue pas une prévision pour 2027.
Pourquoi un versement effectué en février 2027 ne rapportera-t-il pas les intérêts d’une année entière?
Le calcul des intérêts s’effectue par périodes de quinze jours, avant leur ajout au capital le 31 décembre. Un versement effectué en cours d’année ne bénéficie donc que d’une rémunération partielle.

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