Russie : la taxe minière recule en juillet avant une reprise en août

Russie : la taxe minière recule en juillet avant une reprise en août

Les recettes de la taxe sur l’extraction minière en Russie ont reculé de 1 % en juillet 2025, avant un redressement attendu de 3,5 % en août. Cette volatilité reflète les turbulences du secteur minier russe, confronté aux sanctions internationales et aux réformes fiscales de Moscou.

Le secteur minier russe traverse une période de transition. Alors que les revenus pétroliers et gaziers se contractent, les autorités fiscales tentent de stabiliser les prélèvements sur l’extraction minière. La baisse de juillet s’inscrit dans un contexte d’ajustements réglementaires et de fluctuations de la demande mondiale pour les minerais russes. Le ministre des Finances, Anton Silouanov, a précisé que les revenus pétroliers et gaziers représentent actuellement 22 % du budget russe, réduisant la dépendance aux seuls hydrocarbures.

En chiffres
-1%
Recettes minières en juillet 2025
Reprise de +3,5% attendue en août
+1,15
Taxe sur minerai de fer
Augmentation suite à réforme fiscale
+2,3
Taxe sur potasse
Secteur stratégique des fertilisants
22%
Part pétro-gazière du budget russe
Selon le ministre Silouanov

Une réforme fiscale qui cible les extracteurs

La Russie a mis en place une nouvelle architecture fiscale pour le secteur minier. La taxe sur l’extraction de minerai de fer augmente de 1,15 fois, tandis que celle sur la potasse progresse de 2,3 fois. Ces augmentations différenciées reflètent une stratégie gouvernementale: soutirer davantage de revenus aux producteurs les plus rentables tout en préservant la compétitivité des segments stratégiques.

Le secteur compte environ 17 000 entreprises engagées dans l’économie extractive russe, dont 3 000 directement impliquées dans l’extraction de minerais métalliques et 800 dans l’extraction de charbon. Quatre groupes dominent le segment des fertilisants – Acron, EuroChem, PhosAgro et Uralchem – un secteur clé pour les exportations russes. Ces grandes sociétés sont les principaux contributeurs à la nouvelle imposition.

Juillet: un mois de contraction, août annonceur de reprise

La contraction de 1 % en juillet 2025 paraît modérée comparée aux chutes observées dans le secteur pétro-gazier, où les revenus ont chuté davantage. Cependant, elle signale une fragilité temporaire du marché. En parallèle, les droits d’exportation sur le gaz ont plus que triplé en juillet, compensant partiellement la baisse des taxes minières.

L’augmentation prévue de 3,5 % en août suggère que les réformes fiscales commencent à porter leurs fruits et que la demande pour les minerais russes, notamment les fertilisants et l’uranium, se stabilise. Rosatom, qui contrôle l’uranium russe, demeure un acteur stratégique incontournable pour les exportations d’énergie nucléaire.

Quatre enjeux de la fiscalité minière russe

Volatilité fiscale minière
Les recettes oscillent entre baisse et hausse, reflétant l' instabilité du marché mondial et l' impact des sanctions sur les exportations russes.
Réforme fiscale progressive
Les augmentations différenciées (fer +15 %, potasse +130 %) ciblent les producteurs rentables pour financer le budget de défense.
Dépendance accrue aux revenus miniers
Face à la contraction pétro-gazière, la Russie intensifie la fiscalité minière pour maintenir ses revenus budgétaires sous sanctions.
Concentration entre quatre géants
Acron, EuroChem, PhosAgro et Uralchem dominent le secteur des fertilisants, offrant au Kremlin un levier fiscal puissant et rapide.

Sanctions et dépendance budgétaire du Kremlin

Le secteur minier figure parmi les cibles principales des sanctions occidentales. Ces prélèvements fiscaux deviennent critiques pour le Kremlin, qui finance ses dépenses militaires et ses investissements infrastrucurels par ces revenus. La diversification vers les revenus miniers – au-delà des seuls hydrocarbures – constitue une adaptation à court terme face à l’isolement économique croissant.

La structure du secteur, avec environ 16 300 entreprises d’exploitation de mines et carrières, offre une base fiscale large. Toutefois, les sanctions affectent les chaînes d’approvisionnement mondiales et limitent l’accès aux technologies d’extraction avancées. Les quatre producteurs de fertilisants dominent cette dynamique, représentant une concentration de pouvoir économique permettant au gouvernement d’ajuster rapidement les taux d’imposition.

Russie: réforme minière et défis budgétaires

  • Les recettes de la taxe minière russe ont reculé de 1 % en juillet 2025, avant une reprise de 3,5 % prévue en août.
  • La taxe sur l' extraction de minerai de fer augmente de 1,15 fois et celle sur la potasse de 2,3 fois suite à la réforme fiscale.
  • La Russie compte environ 17 000 entreprises dans l'économie extractive, dont 3 000 extractrices de minerais métalliques.
  • Les quatre groupes majeurs des fertilisants russes sont Acron, EuroChem, PhosAgro et Uralchem.
  • Les revenus pétro-gaziers représentent 22 % du budget russe selon le ministre des Finances.