La charge d’intérêt de la dette française atteindra 80 milliards d’euros en 2026, alerte la Cour des comptes

Documents budgétaires et graphiques montrant l'augmentation de la dette française et ses intérêts.

La charge d’intérêt de la dette française atteindra près de 80 milliards d’euros en 2026, selon Amélie de Montchalin, première présidente de la Cour des comptes. Ce montant pourrait grimper à 100 milliards d’euros annuels en 2030 si les taux continuent de monter. Le gouvernement prévoit un effort budgétaire de 54 milliards d’euros pour l’année prochaine, mais les mesures restent controversées, notamment sur les retraites et les aides au logement.

Intervenant le 20 septembre dans une interview au Parisien, Amélie de Montchalin décrit la situation des finances publiques comme critique. La charge d’intérêt de la dette représente déjà plus que le budget du ministère de l’éducation nationale (65 milliards), 40 % de plus que celui des armées et six fois le budget de la justice. La première présidente de la Cour des comptes souligne que la dette publique a franchi en 2025 un niveau sans précédent en France, surpassant même le pic atteint durant la crise sanitaire de 2020. Elle affirme que la France est le seul pays européen dans cette situation.

Un redressement qui passe par moins de dépenses ou plus d’impôts

Montchalin prévient que cette trajectoire n’est pas inévitable. Cependant, elle souligne la contrainte mathématique: les intérêts à payer ne pourront être financés que par une réduction des dépenses publiques ou une augmentation de la fiscalité.

Le gouvernement mise sur un déficit public de 5,4 % en 2026, en hausse par rapport aux 5,1 % de 2025. La croissance économique est prévue à seulement 0,5 % pour 2026, fragilisée par le conflit au Moyen-Orient et les conditions climatiques. Le projet de budget 2027 sera présenté en conseil des ministres avant examen parlementaire.

Retraites: gel pour les plus hautes pensions

L’avant-projet de loi de financement de la Sécurité sociale envisage de geler les pensions de base pour les retraités percevant au moins 2 034 euros par mois. Pour ceux touchant entre 1 260 et 2 034 euros, la progression serait ralentie par rapport à l’inflation. Les plus modestes demeureraient protégés. David Amiel, ministre de l’Action et des Comptes publics, assure qu’« aucune pension versée ne diminuera » et précise que le gouvernement considère ces mesures comme des mesures d’accroche pour le débat parlementaire.

Gels d'aides et réductions budgétaires sectorielles
Gels d' aides et réductions budgétaires sectorielles

Gels d’aides et réductions budgétaires sectorielles

Le plan d’assainissement prévoit aussi un gel des aides personnalisées au logement (APL), selon Vincent Jeanbrun, ministre de la ville et du logement. Les ressources des collectivités locales progresseront au rythme de l’inflation.

Le secteur culturel subit également des coupes. Catherine Pégard, ministre de la culture, reconnaît que les structures du spectacle vivant public connaîtront « moins de crédits », examinées au cas par cas. Elle affirme travailler avec les directeurs des grands théâtres parisiens et opéras pour identifier les investissements et travaux pouvant être différés. France Télévisions, pour sa part, devra réaliser 90 millions d’euros d’économies en 2027. Delphine Ernotte Cunci, sa présidente, a alerté sur les risques pour le modèle culturel français.

Un risque de surcoût si le budget n’est pas voté

Montchalin avertit que l’absence d’un budget adopté avant le 31 décembre engendrerait des surcoûts pour les finances publiques. David Amiel appelle les partis à dépasser « l’esprit de boutique » en distinguant le débat sur les mesures (le « comment ») de celui sur la réduction du déficit (le « combien »), qu’il qualifie d’« impératif ».

À retenir

  • La charge d' intérêt de la dette française atteindra près de 80 milliards d' euros en 2026.
  • Cette charge dépasse le budget du ministère de l'éducation nationale (65 milliards) et représente 40% de plus que celui des armées.
  • La dette publique française a atteint un niveau inédit en 2025, dépassant le pic de la crise sanitaire de 2020.
  • La France est le seul pays européen dans cette situation de dette dépassant les niveaux de 2020.
  • La charge d' intérêt pourrait atteindre 100 milliards d' euros par an en 2030 si les taux souverains continuent à augmenter.

Questions fréquentes

À combien s'élèvera la charge d' intérêt de la dette française en 2026?
La charge d’intérêt de la dette représentera en 2026 « près de 80 milliards d’euros », selon Amélie de Montchalin, présidente de la Cour des comptes.
Comment la charge d' intérêt de 80 milliards d' euros se compare-t-elle à d' autres budgets publics?
C’est bien plus que le budget du ministère de l’éducation nationale (65 milliards), 40 % de plus que le budget des armées et six fois plus que celui de la justice.
Quel niveau record la dette publique française a-t-elle atteint en 2025?
La dette publique a atteint « un niveau inédit en 2025, dépassant le pic de la crise sanitaire de 2020 ». La France est « le seul pays dans cette situation en Europe ».
À combien Amélie de Montchalin estime-t-elle que la charge d' intérêt atteindrait en 2030?
La charge d’intérêt atteindrait 100 milliards d’euros par an en 2030, voire plus si les taux souverains continuent à monter.
Comment cette charge d' intérêt devra-t-elle être financée selon la Cour des comptes?
« On ne pourra la payer que par moins de dépenses publiques ou plus d’impôts », selon Amélie de Montchalin.