New York instaure à partir du 1er juillet 2026 une nouvelle imposition sur les résidences secondaires de luxe, ciblant les propriétaires ultriches qui ne résident pas dans la ville. Entre 340 et 500 millions de dollars sont attendus en revenus annuels, selon les estimations municipales. Environ 10 000 biens estimés éligibles à cette surcharge, qui opérera en deux phases jusqu’à fin 2031.
Cette taxe dite du « pied-à-terre » répond aux préoccupations croissantes de la ville face aux propriétés inoccupées de haut de gamme, qui saturent le marché immobilier new-yorkais tout en générant peu de recettes fiscales. Le maire Zohran Mamdani et ses alliés des Democratic Socialists of America considèrent ce mécanisme comme une étape cruciale pour « taxer les plus riches » et combler les déficits budgétaires de la métropole. La gouverneure Kathy Hochul a annoncé cette mesure en avril 2026, puis intégrée dans la loi budgétaire 2026-2027 de l’État.
Un dispositif en deux phases avec des taux déggressifs inversés
La première phase s’étend du 1er juillet 2026 au 30 juin 2028. Elle cible les condominiums et coopératives d’une valeur imposable d’au moins 1 million de dollars. Les taux varient selon le prix : 4 % pour les biens entre 1 et 3 millions de dollars, 5,25 % entre 3 et 5 millions, et 6,5 % au-delà de 5 millions. La structure progressive pénalise davantage les propriétaires des biens les plus chers, accentuant la progressivité fiscale chère aux autorités locales.
À titre de comparaison avec d’autres métropoles, Vancouver et Singapour appliquent également des taxes sur les résidences inoccupées, mais généralement avec des seuils et des taux inférieurs. New York se positionne ainsi parmi les juridictions les plus agressives en la matière.
Notification obligatoire et droit de contestation avant août 2026
Le Département des finances de New York notifiera les propriétaires potentiels avant le 30 août 2026, selon les règles nouvellement publiées. Cette fenêtre critique offre aux détenteurs de biens la possibilité de contester leur éligibilité en soumettant des preuves de résidence principale[1]. Les documents acceptés incluent la déclaration fiscale fédérale mentionnant le bien comme adresse permanente ou un contrat de location qualifiant.
Parallèlement, le Département a lancé un site web dédié aux informations sur les obligations fiscales et les procédures de documentation[2]. Cette transparence administrative vise à réduire les litiges, mais aussi à anticiper les contestations légales probables. Des cabinets juridiques new-yorkais ont déjà commencé à constituer des équipes pour défendre les propriétaires, soulevant des questions constitutionnelles sur la discrimination régionale.
Les cinq défis de la nouvelle imposition
Impact structurel sur le marché immobilier et les coopératives
Au-delà des revenus fiscaux, la mesure impose de nouvelles obligations de conformité aux conseils d’administration des coopératives, qui devront collecter la taxe auprès des copropriétaires. Cette délégation de travail administratif génère des frictions : les conseils devront vérifier les statuts de résidence, traiter les appels et signaler les défauts de paiement aux autorités. Pour les petites et moyennes coopératives, ce surcoût opérationnel soulève des inquiétudes.
Économiquement, autrement dit, la taxe crée une incitation à louer les propriétés secondaires plutôt que de les laisser inoccupées. Les propriétaires éligibles pourront échapper à la surcharge s’ils convertissent leurs biens en résidences principales documentées ou en locations durables. Cette disposition indirecte pourrait accroître l’offre locative haut de gamme, impactant ainsi la dynamique des prix à Manhattan et à Brooklyn.
Calendrier d’application et seconde phase à partir de 2028
La phase deux, prévue du 1er juillet 2028 au 30 juin 2031, modifiera le périmètre d’application[3]. Les modalités exactes de cette période restent à préciser par le gouverneur Hochul et le maire Mamdani, mais on anticipe un possible abaissement des seuils ou une augmentation des taux pour accroître les recettes. La sunset clause intégrée à la loi (expiration en 2031) maintient une incertitude politique : un futur gouverneur républicain pourrait affaiblir ou abroger le mécanisme.
Les premiers avis d’imposition émis en septembre 2026 constitueront un test décisif. Leur taux de contestation et les arguments juridiques avancés informeront la pérennité de cette politique fiscale novatrice.
Cinq chiffres-clés de la taxe New York
- La taxe entre en vigueur le 1er juillet 2026 et expire le 30 juin 2031
- Environ 10 000 résidences secondaires de luxe sont visées par la mesure
- Les taux appliqués en phase 1 varient de 4% à 6,5% selon la valeur imposable du bien
- Le Département des finances notifiera les propriétaires au plus tard le 30 août 2026
- Les propriétaires pourront contester en justifiant que la propriété est leur résidence principale
- Les conseils d'administration des coopératives seront responsables de la collecte de la taxe
Sources
- New York City Imposes Pied-à-Terre Tax: A Surcharge on High-Value Second Homes
- NYC sending out first pied-à-terre tax notices to owners of luxury second homes
- The New Price of Luxury: What New York City’s Pied-à-terre Tax Means to Part-Time Residents | Cole Schotz
- Governor Hochul Announces Pied-à-terre Tax Proposal for Luxury Second Homes Valued at $5 Million or More | Governor Kathy Hochul | New York State
