Environ un tiers des TPE et PME n’avaient pas encore choisi de plateforme agréée pour respecter l’entrée en vigueur de l’obligation de réception des factures électroniques le 1er septembre 2026. Au-delà du calendrier serré, cette réforme impose aux petites structures un coût d’abonnement, quatre mois de travail d’harmonisation des données, et une responsabilité juridique nouvelle en cas d’erreur.
À fin juillet 2026, environ un tiers des TPE et PME n’avaient pas sélectionné de prestataire agréé pour recevoir leurs factures électroniques avant la date d’application officielle. La facturation électronique est entrée en vigueur opérationnelle le 1er septembre 2026 pour l’obligation de réception, qui s’impose à toutes les entreprises assujetties à la TVA. L’obligation d’émission pour les TPE et PME n’entre en vigueur que le 1er septembre 2027, alors que les grandes entreprises et ETI doivent émettre dès septembre 2026.
Le coût réel: bien au-delà de l’abonnement
Franck Cannata, fondateur de Transcan, une entreprise de transport basée à Carros (Alpes-Maritimes), a anticipé la mise en place. Malgré cette préparation, la transition a mobilisé ses équipes pendant près de quatre mois. Avec environ 1.600 factures éditées par mois, harmoniser toutes les données et procéder à un important travail de saisie s’est révélé gourmand en ressources internes. Cannata souligne que son organisation « hyperfluide » a dû recommencer à faire des tests, avec l’espoir que le système ne gagne en efficacité qu’à long terme.
L’abonnement à la plateforme s’ajoute à ce surcoût opérationnel. Mais la charge invisible, c’est la nouvelle responsabilité juridique: les patrons peuvent désormais être tenus responsables en cas d’erreur dans leurs factures électroniques.
TPE et PME face à un mur administratif
Laurent Lachkar, à la tête de trois concessions motos en Alpes-Maritimes (Cannes, Saint-Laurent-du-Var et Nice), a pris le temps de préparer son passage à la facturation électronique. Il utilisait déjà la facturation certifiée depuis plusieurs années. Son cabinet comptable et sa directrice administrative et financière ont ensemble choisi la plateforme la plus adaptée. Lachkar voit dans cette réforme une opportunité: l’automatisation et l’uniformisation des factures entre ses trois établissements.
Ce profil du chef d’entreprise averti, entouré de professionnels du chiffre, reste l’exception. Marc Sanchez, secrétaire général du Syndicat des indépendants (SDI), exprime son inquiétude: les TPE s’engagent dans « une réforme coûteuse, complexe et encore source d’interrogations sur la sécurité des données ». Le gouvernement a promis « tolérance et bienveillance lors de son démarrage ».
Les micro-entrepreneurs et artisans, qui gèrent leurs factures le soir et les week-ends, vivent cette transition comme un bouleversement. Un serrurier auto-entrepreneur décrit la facturation électronique comme un « casse-tête »: il passe des heures le soir à lister des informations pour son comptable, alors que son métier l’appelle sur les chantiers, pas derrière un ordinateur.

Préparation inégale selon la taille
Les grandes structures disposent depuis longtemps de comptables et experts-comptables dédiés. L’UPE06 (Union pour l’Entreprise des Alpes-Maritimes) et la Chambre de commerce et d’industrie de Nice Côte d’Azur ont proposé des formations à leurs adhérents pour éviter qu’ils se retrouvent « au pied du mur ».
Franck Cannata, également président de l’UPE06, pointe le contexte: l’État impose cette charge administrative nouvelle à un moment où le contexte économique est « dramatique ». Pour lui, la promesse de lutter contre la fraude fiscale ne justifie pas le poids du changement supporté par les entreprises: « le volume prétendu de fraude améliorera-t-il la situation économique? L’Etat n’a pas tenu compte du contexte économique actuel. »
À retenir
- À fin juillet, un tiers des TPE et PME n' avaient pas choisi de plateforme agréée pour la facturation électronique.
- La réforme de facturation électronique est entrée en vigueur le 1er septembre 2026.
- Franck Cannata a consacré près de quatre mois de travail pour préparer son entreprise à cette réforme.
- La facturation électronique entraîne un coût supplémentaire lié à l' abonnement à une plateforme agréée.
- Les chefs d' entreprise peuvent être tenus responsables en cas d' erreur dans la facturation électronique.
Questions fréquentes
- Quel était le pourcentage de TPE et PME n' ayant pas choisi leur plateforme de facturation électronique fin juillet 2026?
- Selon les données de la DGFIP, un tiers des TPE et PME n’avaient pas choisi de plateforme agréée à fin juillet 2026.
- À quelle date la réforme de la facturation électronique est-elle entrée en vigueur?
- La réforme est entrée en vigueur le 1er septembre 2026.
- Combien de temps la mise en place de la facturation électronique a-t-elle demandé chez Transcan?
- Selon Franck Cannata, fondateur de Transcan, la réforme a demandé du temps et du travail aux équipes, près de quatre mois.
- Quels sont les impacts financiers et responsabilités liés à la facturation électronique?
- La facturation électronique induit un coût supplémentaire, celui de l’abonnement à une plateforme agréée, et elle est synonyme d’une nouvelle responsabilité puisque les patrons pourront être tenus responsables en cas d’erreur.
