Ce 1er janvier 2026 marquera un tournant pour 67 millions de Français. La traditionnelle taxe d’enlèvement sur les ordures ménagères (TEOM), intégrée à la taxe d’habitation depuis des décennies, disparaît. À sa place : la redevance incitative (TEOMI), un système de facturation révolutionnaire qui ne fonctionne plus sur la valeur cadastrale, mais sur ce que vous jetez réellement. Le montant moyen actuel est de 144 euros par an et par ménage en 2025, selon l’UFC Que Choisir, mais il variera désormais d’un foyer à l’autre.
Dans les bureaux des collectivités territoriales, on prépare depuis des mois ce grand chambardement. Le ministère de l’Économie et des Finances a laissé les communes libres de fixer leurs tarifs et leur calendrier de facturation. Quelques pionnières ont déjà sauté le pas : la communauté de communes Pays de Fayence, en Var, celle de Fumel Vallée du Lot, en Lot-et-Garonne, et l’agglomération de Bergerac, en Dordogne. Besançon, elle, a opté pour du porte-à-porte avec pesée directe des bacs. Mais la plupart des collectivités attendent 2026, date butoir fixée par la loi. La raison ? Une difficulté majeure : la mise en place obligatoire du tri des biodéchets, qui complique l’organisation logistique de nombreuses communes.
Un système pensé pour responsabiliser, mais complexe à mettre en œuvre
Contrairement à la TEOM classique, la redevance incitative n’est pas un impôt. Elle repose sur un principe simple : moins vous jetez, moins vous payez. Cette logique séduit les écologistes et les collectivités engagées dans la réduction des déchets. Roland Marion, directeur économie circulaire de l’Ademe, l’agence de la transition écologique, a donné des chiffres éloquents en septembre auprès de l’AFP : « Les collectivités en tarification incitative ont une moyenne de 132 kg par an et par habitant d’ordures ménagères résiduels, contre 194 kg pour celles en TEOM ». Cela représente une réduction de près de 32 %, un écart spectaculaire.
Seulement voilà, le système n’est pas toujours pratique. Les particuliers se voient attribuer un nombre fixe de levées par an, ou d’ouvertures de bacs d’apport volontaire. Certaines mairies mettent à disposition des sacs prépayés dont le prix varie selon leur contenance. D’autres permettent de peser les bacs directement sur les camions de collecte, ce qui calcule automatiquement le tarif. Autant de mécaniques différentes selon les communes, ce qui rendra compliquée la mobilité : un ménage qui déménage devra s’adapter à un nouveau système tous les deux ans.
Une double facture : variable et fixe
Le tarif se compose de deux volets distincts. D’abord, la part variable : elle dépend du volume d’ordures jeté ou du nombre de présentations au bac le jour de la collecte. Ensuite, une part fixe qui couvre les frais d’entretien des infrastructures, la collecte, l’administratif et la mise en place des bacs, qui peuvent être des composteurs. Cette architecture tarifaire vise à inciter au tri sans pour autant pénaliser les ménages pour les services collectifs qu’ils ne contrôlent pas.
Pour les locataires, l’enjeu est aussi financier. La TEOM figure sur l’avis de taxe foncière et peut être refacturisée au locataire au titre des charges récupérables. Un propriétaire peut réclamer la totalité de la taxe si le locataire a occupé le logement une année civile complète, ou la facturer au prorata de la durée d’occupation en cas d’arrivée ou de départ en cours d’année. Un propriétaire doit cependant être transparent : il doit présenter le justificatif du montant prélevé et ne peut facturer que la partie réelle correspondant à l’enlèvement des ordures ménagères.
Cinq défis majeurs de la redevance incitative
Un horizon 2030 : 15 % de réduction des déchets
L’Ademe vise une réduction de 15 % des déchets d’ici 2030. La redevance incitative est l’outil législatif censé atteindre cet objectif, puisqu’elle s’appuie sur le retour d’expérience des premières collectivités. Le changement de fiscalité coïncide aussi avec l’obligation du tri obligatoire des biodéchets, entré en vigueur le 1er janvier 2024 pour les collectivités de plus de 2 000 habitants. Cette convergence entre réduction des déchets et tarification incitative doit créer un effet de levier : responsabiliser le citoyen tout en libérant les collectivités des contraintes d’un calcul fiscal figé depuis des décennies.
Les propriétaires de biens à usage industriel ou commercial peuvent, eux, bénéficier d’une exonération de la TEOM s’ils font appel à un prestataire privé pour la gestion de leurs déchets. Les propriétaires bailleurs, en cas de vacance locative prolongée, peuvent aussi demander une réduction ou une exonération. Ces mécanismes de dérogation témoignent de la volonté du législateur d’adapter le système aux situations particulières, loin d’une approche uniformisée.
TEOMI : le nouveau système tarifaire des ordures
- La TEOM devient redevance incitative (TEOMI) obligatoirement le 1er janvier 2026
- La redevance incitative n'est pas un impôt, mais une charge récupérable pour les locataires
- Tarif composé d'une part variable (selon le volume jeté) et d'une part fixe (infrastructures)
- En tarification incitative, les déchets résiduels baissent de 32 % en moyenne par rapport à la TEOM
- Les propriétaires peuvent refacturer la TEOM au locataire, intégralement ou au prorata d'occupation
Sources
- Taxe sur les ordures ménagères : vous pourriez la payer plus cher en 2025 | Planet.fr
- Taxe sur les ordures ménagères : vous pourriez la payer plus cher en 2025 | Planet.fr
- Qui paie la taxe des ordures ménagères ?
- Quand payer la taxe d'enlèvement des ordures ménagères ?
- Taxe des ordures ménagères : est-ce vraiment à vous, locataire, de la payer ? | PAP
