Les salaires de base du secteur privé ont augmenté de 1,9 % sur un an au troisième trimestre 2026. Pourtant, leur pouvoir d’achat recule de 1,1 %, sous l’effet de l’inflation. Les chiffres publiés le 6 novembre par la Dares confirment une dégradation des salaires réels.
Les augmentations de salaire ne suffisent plus à suivre la hausse des prix. D’après les résultats provisoires publiés le 6 novembre 2026 par la Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares), le salaire mensuel de base progresse moins vite que l’inflation. Ce décalage intervient alors que le pouvoir d’achat doit être abordé lors de la conférence sociale prévue le 9 novembre à Matignon.
Une hausse de 1,9 % des salaires face à 3,1 % d’inflation
Au troisième trimestre 2026, l’indice du salaire mensuel de base augmente de 1,9 % sur un an. Dans le même temps, les prix à la consommation hors tabac progressent d’environ 3,1 % entre septembre 2025 et septembre 2026. Cette différence entraîne une baisse de 1,1 % du salaire réel, selon les statistiques de la Dares.
Le salaire réel mesure l’évolution de la rémunération après prise en compte de l’inflation. Un salarié peut donc percevoir davantage d’euros qu’en 2025 tout en perdant du pouvoir d’achat. Les chiffres de la Dares décrivent l’évolution d’un indice salarial et non une diminution identique du revenu de chaque salarié.
La hausse des prix est notamment alimentée par l’énergie. D’après les résultats définitifs de l’Insee publiés le 15 octobre 2026, les prix à la consommation augmentent de 3,1 % sur un an en septembre, tandis que ceux de l’énergie progressent de 21,3 %. Ces chiffres portent sur l’indice général des prix, tabac compris, et non sur l’indice hors tabac utilisé par la Dares.
Les augmentations salariales ralentissent au troisième trimestre
La progression des salaires de base perd également de la vitesse. Entre juillet et septembre 2026, leur indice n’augmente que de 0,2 %, contre 0,7 % au deuxième trimestre. Sur un an, la hausse passe de 2 % fin juin à 1,9 % fin septembre.
Ce ralentissement intervient alors que l’inflation s’accélère. En juin 2026, les prix à la consommation hors tabac augmentaient de 1,7 % sur un an, selon les résultats définitifs de la Dares pour le deuxième trimestre. Les salaires de base progressaient alors légèrement plus vite que les prix. Trois mois plus tard, le rapport s’est inversé.

La perte de pouvoir d’achat ne concerne pas toutes les rémunérations de la même manière
Le recul de 1,1 % doit être interprété à partir du périmètre de l’indicateur. L’enquête trimestrielle Acemo de la Dares porte sur les entreprises de dix salariés ou plus du secteur privé, hors agriculture, particuliers employeurs et activités extraterritoriales. Elle mesure l’évolution des salaires de base à structure constante, sans intégrer les changements de qualification ou de composition des effectifs.
Le salaire mensuel de base est un indicateur brut qui exclut notamment les primes, les heures supplémentaires et les autres éléments variables de rémunération. Une prime exceptionnelle, une promotion ou une augmentation du nombre d’heures travaillées peut donc modifier l’évolution du revenu effectivement perçu par un salarié sans apparaître dans cet indice.
Ces résultats ne permettent pas non plus de mesurer directement l’évolution du salaire net après cotisations et prélèvements. Ils décrivent le pouvoir d’achat du salaire de base, et non celui du revenu disponible des ménages, qui dépend également des autres ressources, des prestations sociales et des impôts.
Le pouvoir d’achat salarial au programme du 9 novembre
La conférence sociale prévue le lundi 9 novembre 2026 à Matignon doit notamment porter sur le pouvoir d’achat. Les dernières statistiques salariales constituent un élément de contexte pour les discussions entre les représentants des salariés, des employeurs et les pouvoirs publics.
Les données du troisième trimestre restent provisoires. Leur publication définitive pourra conduire à des révisions des évolutions salariales mesurées par la Dares. À ce stade, le recul de 1,1 % correspond à la variation annuelle du pouvoir d’achat du salaire mensuel de base à la fin du troisième trimestre 2026, et non à une perte cumulée sur l’ensemble de l’année.
À retenir
- Le salaire mensuel de base augmente de 1,9 % sur un an au troisième trimestre 2026, selon la Dares.
- L’inflation hors tabac atteint environ 3,1 %, entraînant une baisse de 1,1 % du salaire réel.
- La progression trimestrielle des salaires ralentit à 0,2 %, contre 0,7 % au deuxième trimestre 2026.
- L’indicateur exclut les primes, les heures supplémentaires et les variations individuelles de rémunération.
- Les données provisoires publiées le 6 novembre 2026 pourront être révisées lors de leur publication définitive.
Questions fréquentes
- Pourquoi un salarié peut-il gagner davantage tout en perdant du pouvoir d’achat?
- Lorsque les prix augmentent plus rapidement que la rémunération, le salaire permet d’acheter moins de biens et de services malgré sa hausse nominale.
- Quels salariés sont concernés par les statistiques de la Dares?
- L’enquête couvre les entreprises privées d’au moins dix salariés. Elle exclut l’agriculture, les particuliers employeurs et les activités extraterritoriales.
- La baisse de 1,1 % concerne-t-elle aussi le salaire net?
- Non, cet indicateur porte sur le salaire de base brut, sans intégrer les cotisations, les prélèvements ou les éléments variables de rémunération. Il ne mesure donc pas directement l’évolution du salaire net.
- Pourquoi la situation salariale s’est-elle dégradée depuis juin 2026?
- En juin, les salaires de base progressaient de 2 % sur un an, contre 1,7 % pour les prix hors tabac. En septembre, la hausse salariale ralentit tandis que l’inflation accélère.
- La perte de pouvoir d’achat de 1,1 % correspond-elle à toute l’année 2026?
- Non, elle représente l’évolution sur douze mois constatée à la fin du troisième trimestre 2026. Elle ne constitue pas une perte cumulée depuis janvier.
