L’État prélève 2,1 milliards d’euros sur l’Unédic en 2027, portant le total à 12 milliards depuis 2023

Des documents financiers et graphiques montrant les prélèvements de l'État sur l'Unédic.

L’État va prélever 2,1 milliards d’euros sur l’Unédic en 2027, a annoncé le ministre du travail Jean-Pierre Farandou le 4 octobre 2026. Ce nouvel appel aux réserves de l’assurance-chômage porte à 12 milliards le total prélevé depuis 2023, malgre les demandes répétées de l’organisme paritaire pour rétablir son équilibre financier.

Le gouvernement a décidé de récupérer intégralement l’excédent que l’Unédic anticipe dégager l’année prochaine. Farandou l’a confirmé dans un entretien au journal L’Opinion: « Le régime prévoit un excédent de 2,1 milliards d’euros en 2027. Nous prélèverons donc cet excédent, mais l’Unédic sera à l’équilibre l’an prochain. » Il a ajouté, d’un ton ironique: « Cela aurait pu être plus! »

Un endettement en hausse malgré les réformes

Le prélèvement intervient alors que l’Unédic accumule une dette massive. À la fin 2026, elle atteindra 61,5 milliards d’euros. Sans ce nouveau coup de pied de l’État, l’organisme tablait sur un recul à 59,4 milliards en fin 2027 et 55,4 milliards en fin 2028, utilisant les excédents pour réduire son fardeau.

Concrètement, les nouvelles réformes annoncées par le ministre devaient participer à cet assainissement. La réduction de l’indemnisation chômage de dix-huit à quinze mois maximum pour les ruptures conventionnelles devrait dégager jusqu’à 800 millions d’euros annuels à partir de 2029. Une autre mesure, appliquant des règles européennes au traitement des frontaliers, pourrait libérer environ 800 à 860 millions d’euros par an une fois mise en œuvre. Ces deux leviers supposaient toutefois de garder les excédents à l’Unédic, ce que le gouvernement contredit maintenant.

Des finances publiques sous pression

L’État a déjà prélevé 12 milliards d’euros sur l’assurance-chômage entre 2023 et 2026, dans le contexte d’une recherche effrénée d’économies pour équilibrer le budget. Sur 2026 seul, le prélèvement prévu atteint 4,1 milliards, supérieur à l’excédent anticipé: l’Unédic enregistrera donc une perte de 2,3 milliards sur l’année.

Les partenaires sociaux – syndicats et patronat – qui gouvernent l’assurance-chômage avaient alerté en juin sur le risque d’une dépendance accrue à l’emprunt, particulièrement problématique dans un environnement de taux d’intérêt élevés. Ils soulignaient que ces appels aux réserves finançaient en partie les décisions d’État du passé, comme le chômage partiel versé lors de la crise du Covid-19.

Structure financière de l'Unédic
Structure financière de l' Unédic

Structure financière de l’Unédic

Les cotisations patronales, prélevées à 4 % du salaire brut, constituent le cœur des revenus de l’organisme. La contribution salariale a été supprimée en 2019 et remplacée par 1,47 point de CSG, prélevé uniformément sur tous les revenus d’activité.

À retenir

  • Le gouvernement prélèvera 2,1 milliards d' euros sur l' Unédic en 2027, portant le total à 12 milliards depuis 2023.
  • L' Unédic enregistrera un endettement de 61,5 milliards d' euros à la fin de 2026.
  • La réduction de l' indemnisation des chômeurs de dix-huit à quinze mois doit rapporter jusqu'à 800 millions par an à partir de 2029.
  • Les partenaires sociaux ont alerté en juin sur les risques liés à l' endettement accru dans un contexte de taux élevés.

Questions fréquentes

Quel montant l'État prélèvera-t-il sur l' Unédic en 2027?
Le gouvernement prélèvera en 2027 l’excédent que l’Unédic a prévu de dégager, soit 2,1 milliards d’euros.
Quel est le total des prélèvements de l'État sur l' Unédic depuis 2023?
Le gouvernement a déjà tiré 12 milliards d’euros des recettes de l’Unédic entre 2023 et 2026.
À combien s'élève l' endettement prévu de l' Unédic à la fin de 2026?
L’Unédic prévoit un lourd endettement atteignant 61,5 milliards d’euros à la fin de 2026.
Quelles réductions d' indemnisation des chômeurs ont été décidées pour améliorer la situation financière?
La durée d’indemnisation des chômeurs a été réduite de dix-huit à quinze mois au maximum après une rupture conventionnelle, ce qui doit rapporter jusqu’à 800 millions d’euros par an à partir de 2029.
Quel montant le prélèvement de l'État en 2026 devrait-il atteindre?
Sur l’année 2026, le prélèvement de l’État est prévu à 4,1 milliards d’euros.