Les obligations françaises à 10 ans atteignent 4,90%, leur plus haut niveau depuis 2002

Graphique montrant la courbe ascendante des rendements obligations françaises dix ans.

Les obligations françaises à 10 ans offrent actuellement un rendement proche de 5%, bien supérieur aux 1,7% du Livret A ou aux 2,6% moyens de l’assurance-vie. Cet attrait vient d’une prime de risque croissante: le marché estime désormais plus élevé le risque de crédit français, reflété par un écart de 120 points de base avec la dette allemande.

Le rendement de l’OAT (Obligation Assimilable du Trésor) française à 10 ans a atteint 4,90% le 1er octobre, son plus haut niveau depuis 2002. Cette rémunération contraste nettement avec les livrets réglementés: le Livret A affiche depuis août un taux de 1,7%, tandis que les fonds en euros des contrats d’assurance-vie ont versé 2,6% en moyenne en 2025, avec une perspective de 3% cette année.

Comment acheter des obligations d’État

Un particulier ne peut pas se tourner directement vers l’État pour acquérir une OAT. Une vingtaine de banques et courtiers en ligne servent d’intermédiaires. Quatre voies d’accès s’offrent à l’investisseur.

Achat direct sur le marché secondaire. Via un compte-titres ordinaire (CTO), on peut acheter une OAT déjà émise, comme une action, et la conserver jusqu’à l’échéance. Le code ISIN permet d’identifier l’obligation avec ses caractéristiques: taux, date d’échéance, coupon. Courtiers comme Trade Republic, Saxo Banque, Interactive Brokers et Bourse Direct proposent ce service. Trade Republic permet des investissements fractionnés dès un euro sur certaines obligations, tandis que Saxo Banque et Interactive Brokers offrent un catalogue plus large. On peut choisir une OAT à taux fixe ou indexée sur l’inflation, ce dernier modèle revalorisant capital et intérêts en cas de hausse des prix.

Via l’assurance-vie ou le PER. Fonds obligataires en unités de compte ou fonds en euros constituent la solution jugée la plus simple pour l’épargnant. Les fonds en euros, bien que eux-mêmes investis largement en obligations d’État françaises, garantissent le capital. Contrepartie: ils accélèrent moins que les OAT directes la captation des hausses de taux.

ETF et fonds obligataires. Ces structures achètent un panier d’obligations d’État, offrant une diversification supérieure et une liquidité quotidienne, mais la valeur des parts fluctue avec l’évolution des taux.

Obligations vertes. La France émet aussi des obligations vertes, fonctionnant comme des OAT classiques mais finançant la transition écologique. Elles sont accessibles par les mêmes canaux et nombreux sont les fonds obligataires responsables qui en détiennent.

Les risques à considérer

L’investisseur encourt plusieurs frais lors de l’achat d’une OAT: droits de garde, courtage, et spread (écart entre le prix d’achat et le prix de revente). Les revenus et plus-values issus d’un compte-titres ordinaire sont soumis au Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU) de 31,4%.

Deux risques majeurs accompagnent l’acquisition d’obligations françaises. Le premier est le risque de défaut: si la situation budgétaire se dégrade, la France pourrait ne pas honorer ses intérêts ou son remboursement. Bien que la notation reste bonne, ce risque n’est plus nul aux yeux du marché. C’est précisément ce qui explique la prime de risque: l’écart entre les taux français et allemands a atteint environ 120 points de base fin septembre, son niveau le plus élevé depuis 2012.

Le second risque concerne l’inflation. Une hausse des prix durant la détention réduit le rendement réel de l’obligation, même si elle est conservée jusqu’à l’échéance. Cet enjeu justifie d’ailleurs l’intérêt croissant pour les OAT indexées sur l’inflation.

Contexte: l’écart croissant entre rendements français et allemands signale que les investisseurs exigent une compensation supplémentaire pour accepter la dette française, en raison des tensions persistantes sur les finances publiques.

À retenir

  • Les obligations françaises à 10 ans ont atteint 4,90% le 1er octobre, leur plus haut niveau depuis 2002.
  • Le Livret A rapporte 1,7% depuis août, tandis que les fonds en euros ont servi 2,7% en moyenne en 2025.
  • Un particulier peut acheter une OAT via le marché secondaire sur compte-titres ou par l' intermédiaire de courtiers en ligne.
  • Les fonds en euros garantissent le capital contrairement aux OAT, mais profitent des hausses de taux plus progressivement.
  • Les OAT peuvent être à taux fixe ou indexées sur l' inflation pour se couvrir contre ce risque.

Questions fréquentes

Quel est le rendement actuel des obligations françaises à 10 ans?
Le rendement de l’OAT française à 10 ans a atteint 4,90%, soit son plus haut niveau depuis 2002.
Comment fonctionne une OAT?
En achetant une OAT, on prête de l’argent à l’État qui s’engage à verser des intérêts (ou coupons) et à rembourser la valeur nominale de cette obligation au bout d’une certaine échéance allant de 2 à 50 ans.
Quels sont les rendements comparés du Livret A et des fonds en euros en 2025?
Le Livret A rapporte 1,7% depuis août, tandis que les fonds en euros de l’assurance-vie ont servi en moyenne 2,7% en 2025.
Quelles sont les principales options pour investir dans une obligation?
Un particulier peut acheter une OAT en direct sur le marché secondaire via un compte-titres ordinaire, passer par une assurance vie ou un PER, ou investir via des ETF.
Quel est le principal avantage du fonds en euros par rapport aux OAT?
Le fonds en euros garantit le capital, contrairement à une OAT ou un fonds obligataire, mais en contrepartie il profite de la hausse des taux plus progressivement.