AirAsia vient de passer commande de 150 Airbus A220-300 pour un montant théorique de 19 milliards de dollars, constituant la plus importante commande jamais enregistrée pour ce programme. Cette commande historique redonne un souffle considérable à l’avion court-courrier d’Airbus.
L’annonce fait l’effet d’une bombe dans l’industrie aéronautique. Avec cette commande de 150 appareils A220, la compagnie low-cost malaisienne offre au constructeur européen sa plus grosse prise de commande pour ce programme lancé il y a plusieurs années. Le montant théorique de 19 milliards de dollars illustre l’ampleur de cet accord, même si les tarifs réellement pratiqués dans l’industrie diffèrent généralement des prix catalogue.
L’A220-300, un pari technologique qui trouve enfin son public
Cette commande marque un tournant pour l’A220, cet avion que l’industrie surnomme affectueusement les “mignons petits avions” d’Airbus. Conçu initialement par Bombardier sous le nom de CSeries avant d’être repris par Airbus, l’appareil a longtemps peiné à convaincre les compagnies aériennes malgré ses qualités techniques reconnues.
L’A220-300 se positionne sur le segment des appareils de 100 à 150 places, un créneau délaissé par Boeing depuis l’arrêt de production du 737-700. Cette niche correspond parfaitement aux besoins d’AirAsia, spécialiste du transport low-cost en Asie du Sud-Est, qui dessert de nombreuses liaisons régionales avec des volumes de passagers intermédiaires.
AirAsia mise sur la polyvalence pour son expansion régionale
Le choix d’AirAsia s’explique par la configuration particulière de son réseau. La compagnie malaisienne exploite des liaisons entre des aéroports secondaires et des destinations touristiques où la demande fluctue selon les saisons. L’A220-300 offre la flexibilité nécessaire pour optimiser le remplissage sur ces routes à géométrie variable.
Cette commande intervient dans un contexte de reprise du trafic aérien en Asie, après les perturbations liées à la pandémie. AirAsia, qui avait traversé une période difficile, mise désormais sur une modernisation de sa flotte pour reconquérir des parts de marché face à la concurrence accrue des compagnies traditionnelles qui ont développé leurs offres low-cost.

Un coup de fouet décisif pour le programme A220
Cette commande représente bien plus qu’un simple contrat commercial pour Airbus. Elle valide la stratégie du constructeur sur le segment des appareils court-courriers de nouvelle génération. Jusqu’à présent, l’A220 peinait à décoller commercialement, malgré des performances énergétiques supérieures à la concurrence et une cabine appréciée des passagers.
L’effet d’entraînement pourrait être considérable. Dans l’industrie aéronautique, une commande de cette ampleur constitue souvent un signal fort qui incite d’autres compagnies à reconsidérer leurs plans de flotte. Les constructeurs rivaux observent désormais avec attention cette montée en puissance de l’A220, qui pourrait redistribuer les cartes sur le marché des appareils régionaux.
Pour Airbus, cette commande valide également les investissements consentis pour reprendre et développer le programme hérité de Bombardier. Le constructeur européen peut désormais envisager une montée en cadence de la production, avec à la clé des économies d’échelle qui rendront l’appareil encore plus compétitif face aux Boeing 737 MAX et autres Embraer E-Jet de nouvelle génération.
