Gifi va déclarer sa cessation des paiements au tribunal de commerce de Toulouse le 20 octobre

Façade du magasin Gifi, employés affichant avis de cessation des paiements.

Gifi s’apprête à déclarer sa cessation des paiements et à déposer le bilan devant le tribunal de commerce de Toulouse, selon « Sud Ouest ». L’annonce doit être faite lors d’un CSE extraordinaire au siège de Villeneuve-sur-Lot, le 20 octobre. Pour l’enseigne, qui compte environ 600 points de vente en France et environ 6 800 salariés (chiffres 2024), l’étape suivante serait l’ouverture d’une procédure collective de redressement judiciaire.

Dans une salle de réunion au siège de Villeneuve-sur-Lot, la gouvernance de Gifi doit poser des mots lourds sur la table: l’entreprise ne peut plus régler ses dépenses. La conséquence immédiate, rapportée par « Sud Ouest », tient en une démarche juridique claire: le dépôt de bilan, avant de demander la protection du tribunal de commerce de Toulouse.

Ce que la procédure change, et qui est concerné

La décision annoncée porte sur un état de cessation des paiements, c’est-à-dire l’impossibilité de faire face aux charges. Gifi doit donc déposer le bilan, avec en perspective l’ouverture d’une procédure collective de redressement judiciaire par le tribunal de commerce de Toulouse.

Les premiers concernés sont les salariés et le réseau: Gifi compte « à ce jour » environ 600 points de vente en France et environ 6 800 salariés (chiffres 2024). L’entreprise fait partie des plus importants employeurs privés du Lot-et-Garonne et de l’Agenais, rappelle « Sud Ouest ».

Une dégradation brutale des comptes, sur fond de rupture opérationnelle

Le décrochage se lit dans le chiffre d’affaires: 1,3 milliard d’euros en 2023, puis un fort recul en 2024. À l’époque, ce recul est attribué à une bascule informatique décrite comme un naufrage, qui prive la direction d’un outil central de pilotage.

Concrètement, l’entreprise tourne “presque à l’aveugle”: les approvisionnements ne suivent plus, faute de gestion des stocks. « Sud Ouest » décrit des effets en chaîne sur la trésorerie et sur l’image de l’enseigne.

Le projet « Millenium Centrale » et un contentieux tranché en 2026

Le projet « Millenium Centrale » et un contentieux tranché en 2026

Le chantier informatique en cause porte un nom: « Millenium Centrale », un projet lancé dès 2016. En interne, il est question d’un échec annoncé, écrit « Sud Ouest », avec une situation qui aurait été cachée à Philippe Ginestet.

Le dossier a aussi pris un tour judiciaire: un litige a opposé Gifi à KPC Sud-Ouest, à qui l’enseigne avait confié en 2020 la refonte de son système informatique. « Sud Ouest » indique que KPC n’a livré qu’une seule des 17 applications commandées. Le tribunal de commerce de Bordeaux s’est prononcé le 21 juillet 2026, condamnant KPC à verser un peu plus de 900 000 euros à Gifi.

Des choix stratégiques et des tentatives de sauvetage restées sans issue

Les difficultés ne se limitent pas à l’informatique, selon « Sud Ouest ». Le journal situe le début des ennuis avant la bascule, après la crise du Covid, dans un contexte où l’e-commerce progresse. Gifi ne se serait pas adapté, tandis que des acteurs comme Temu, cite l’article, prennent des parts de marché. Une « source interne » évoque des signaux inquiétants sur les résultats.

Le positionnement commercial est aussi mis en cause: « Sud Ouest » attribue à Alexandre Ginestet, alors directeur général, la volonté de monter en gamme pour viser Maisons du monde. Le virage est décrit comme « catastrophique » au moment où l’enseigne est attaquée sur les petits prix, avec Action comme concurrent qui multiplie les implantations.

Des discussions ont été engagées sous l’égide du tribunal de commerce: une première conciliation a lieu en février 2024, puis une nouvelle conciliation quelques mois plus tard. Les banques créancières demandent alors à Philippe Ginestet de mettre l’enseigne en vente, écrit « Sud Ouest », mais celui-ci refuse de céder l’immobilier des magasins, et le processus échoue.

Le contrôle a ensuite bougé: en janvier 2025, selon « Le Monde », les banques entrent au capital de Gifi. Philippe Ginestet est mis sur la touche tout en restant actionnaire majoritaire, et « Sud Ouest » précise qu’il a apporté des garanties « colossales » aux banques. La période est marquée par une instabilité de gouvernance, avec cinq présidents du directoire qui se succèdent: Philippe Brochard, Rémy Lecomte, Christophe Mistou, Gérard Walter, puis Patrick Puy.

Questions fréquentes

Que va annoncer la gouvernance de Gifi le mardi 20 octobre?
Ce mardi 20 octobre, lors d’un CSE extraordinaire au siège de Villeneuve-sur-Lot, la gouvernance de l’enseigne va annoncer l’état de cessation des paiements.
Devant quel tribunal Gifi doit-il déposer le bilan?
Gifi doit déposer le bilan avant de se placer dans un deuxième temps sous la protection du tribunal de commerce de Toulouse.
Quelle procédure le tribunal de commerce de Toulouse sera-t-il contraint d’ouvrir?
Le tribunal de commerce de Toulouse sera contraint d’ouvrir une procédure collective de redressement judiciaire.
Comment les résultats de Gifi évoluent-ils entre 2023 et 2024 selon Sudouest?
En 2023, le chiffre d’affaires est établi à 1,3 milliard d’euros et dégringole en 2024 à un peu plus de 900 millions.
À quoi est imputé le dévissage des résultats à l’époque?
À l’époque, le dévissage est imputé à l’échec d’une bascule informatique qui vire au naufrage.