Le taux d’épargne des ménages français recule à 17,4 % au premier trimestre 2026, après un pic à 18,5 % au trimestre précédent. Les Français se détournent massivement des livrets réglementés, qui accusent six mois consécutifs de décollecte, tandis que les placements en fonds propres repartent à la hausse.
L’épargne française suit une trajectoire contrastée. Après son plus haut niveau depuis la crise de 2020 (26,1 %) atteint au deuxième trimestre 2025, le taux d’épargne s’érode progressivement. À 17,4 % au premier trimestre 2026, il reste toutefois supérieur à celui de l’Espagne (11,3 %) et l’Italie (10,8 %), mais légèrement inférieur à l’Allemagne (19,1 %). La France demeure ainsi l’un des pays de la zone euro où le taux d’épargne est le plus élevé.
Les flux d’épargne conservent néanmoins une dynamique solide. Ils atteignent 86,0 milliards d’euros au premier trimestre 2026, dépassant la moyenne de long terme sur 2013-2025 (61 milliards d’euros). Cette robustesse cache cependant des mouvements importants selon les types de placement.
Une fuite des livrets réglementés
Le phénomène le plus marquant: les Français quittent massivement les Livrets A et LDDS. La collecte cumulée sur ces deux produits s’établit à −6,89 milliards d’euros sur le premier semestre 2026. Six mois consécutifs enregistrent des décollectes, le pire premier semestre depuis le début de la série statistique en 2009.
Cette hémorragie intervient après une accumulation de ces livrets, dont l’encours était passé de 410 milliards d’euros en 2019 à 615 milliards d’euros fin 2025. Le revers de cette montée: les baisses successives de rémunération, passée de 3 % à 1,7 % en 2025, puis à 1,5 % au 1er février 2026. Les ménages, confrontés à une rémunération érodée, rapatrient leurs économies vers des supports offrant de meilleures perspectives.
Le Livret d’épargne populaire (LEP) suit une courbe similaire. La collecte nette demeure négative pour le quatrième mois consécutif en juin (−0,10 milliard d’euros), également frappée par l’ajustement de sa rémunération, passée de 3,5 % à 2,5 % en un an. Son encours s’élève désormais à 83,5 milliards d’euros.
Les placements en fonds propres repartent en avant
Parallèlement, les ménages redécouvrent les placements en fonds propres. Au premier trimestre 2026, les placements financiers augmentent à 32 milliards d’euros, dépassant la moyenne historique sur 2013-2026 (27,6 milliards d’euros). Le rebond concerne surtout les produits de fonds propres: 18,2 milliards d’euros au premier trimestre 2026, contre seulement 5,7 milliards au trimestre précédent.
La Formation Brute de Capital Fixe – investissements dans la construction de logements neufs et les gros travaux – recule légèrement à 39,2 milliards d’euros, après 39,7 milliards d’euros au trimestre antérieur. L’arbitrage est visible: moins de rénovation immobilière, plus d’exposition au marché des actions.
À retenir
- Le taux d'épargne des ménages français recule à 17,4 % au premier trimestre 2026 après 18,5 % au T2 2025.
- La France conserve le taux d'épargne le plus élevé de la zone euro avec 19,1 % en Allemagne et 11,3 % en Espagne.
- Les flux d'épargne atteignent 86,0 milliards d' euros au T1 2026, supérieurs à leur moyenne 2013-2025 de 61 milliards.
- Les Livrets A et LDDS enregistrent une décollecte cumulée de 6,89 milliards d' euros sur le premier semestre 2026.
- La baisse des taux de rémunération des livrets, passés de 3 % à 1,5 %, explique partiellement la décollecte observée.
Questions fréquentes
- Quel est le taux d'épargne des ménages français au premier trimestre 2026?
- Le taux d’épargne des ménages en France s’établit à 17,4% au T1 2026, après avoir atteint un point haut au T2 2025 (18,5%).
- Comment la France se compare-t-elle aux autres pays de la zone euro en matière d'épargne?
- La France fait partie des pays de la zone euro où le taux d’épargne est le plus élevé (Allemagne: 19,1%, Espagne: 11,3%, Italie: 10,8%).
- Quel est l'état de la collecte sur les Livrets A et LDDS en 2026?
- La collecte cumulée sur les Livrets A et LDDS est négative, marquant un sixième mois consécutif de décollecte qui s’élève à -6,89 milliards d’euros en cumulée sur l’année 2026.
- Pourquoi les taux de rémunération des livrets réglementés ont-ils diminué?
- Le taux de rémunération du Livret A est passé de 3% à 1,7% en 2025, puis à 1,5% au 1er février 2026, et celui du LEP de 3,5% à 2,5% sur un an, ce qui explique la baisse de collecte observée.
- Quel est le montant des flux d'épargne au T1 2026 et comment se comparent-ils à la moyenne historique?
- Les flux d’épargne s’élèvent à 86,0 milliards d’euros au T1 2026 et demeurent supérieurs à leur moyenne de long terme sur 2013-2025 (61 milliards d’euros).
Sources
- Article original – fbf.fr
- L' Epargne des ménages: plus d' assurance vie et d'épargne retraite – Cercle de l' EpargneCercle de l' Epargne
- Au deuxième trimestre 2026, le PIB est stable (+0,0 % après -0,2 %) et le pouvoir d’achat des ménages recule nettement (-0,6 % par unité de consommation) – Informations rapides – 212 | Insee
- Au quatrième trimestre 2025, le PIB augmente légèrement (+0,2 %) et le taux d’épargne des ménages recule de nouveau (17,9 % après 18,3 %) – Informations rapides – 51 | Insee
- Taux d’épargne: record en 2025, quel scénario en 2026?
- Épargne moyenne des Français en 2026: chiffres, écarts et bonnes pratiques • DISTINGO Bank
